25 août 2007

Et tout devient simple, et convaincant

Peu de mots cette fois. Je laisse la place à ces images du professeur Hans Rosling pour deux raisons : l'importance du sujet traité, la capacité du professeur à faire comprendre tout en nuances grâce à son sens scénique et aux technologies déployées. Je crois que Cicéron avait raison, on n'est excellent orateur que secondairement grâce à sa technique oratoire, mais qu'à condition d'épouser la cause que l'on défend.

17 mars 2007

e-militantisme, Club Sénat et Live Blogging

Comme annoncé dans ma note d'ouverture du colloque organisé par Club Sénat sur le thème de l'e-démocratie, je reviens sur cette première expérience de livre blogging et sur les sujets abordés à cette occasion.

En relisant les quelques notes publiées ce 14 mars, j'ai le sentiment que l'exercice d'écriture instantanée n'est pas entièrement incompatible avec l'exercice d'un regard critique, avec l'apport au débat d'une réflexion et pas seulement d'une voix supplémentaire - je fais ici exception des quelques notes portant sur la deuxième table ronde, la régie de Public Sénat ayant réquisitionné les blogueurs de service (1, 2 & 3) pour trouver des données utiles ou décalées sur Internet afin de faire des inserts dans la couverture TV en direct.

Bien que l'exercice ait été plutôt plaisant et intéressant, je continue à penser que les blogs (écrits) ont beaucoup plus à apporter au débat public en prenant le temps du recul, du commentaire, de l'analyse. Cette approche vaut pour le moins dans les systèmes où la liberté de la presse est telle que l'information circule sans entraves. Dès lors que des limites sont posées à cette liberté, la capacité de diffusion de l'information sur Internet remplit un office des plus fondamentaux à la démocratie. Pour ma part, je laisserai donc aux médias audiovisuels (TV, radio, videocasting, etc.) le soin de raconter ou de faire voir afin de me concentrer sur le dialogue qui contribue à modeler le débat et, de proche en proche, à mettre notre société en mouvement.

Pour conclure, je vous renvoie vers un site qui me paraît s'inscrire dans cette lenteur, cette prudence et ce doute que le temps moderne nous presse trop souvent de négliger : e-campagne 2007 sur Arte.tv, le blog de journalistes qui analysent la campagne présidentielle et préparent un documentaire qui sera diffusé sur Arte le 8 mai prochain. Disclosure : Elodie m'a interrogé à la fin de la conférence, je ne sais pas encore si elle compte utiliser mes commentaires recueillis à chaud...

14 mars 2007

Autorégulation : dans un cadre déjà délimité

L'autorégulation est certainement une approche qui mérite d'être développée en France, mais comme on dit dans l'armée, la confiance ne doit pas exclure le contrôle, faute d'observer une forme de débat que nombreux récusent certainement :
Je_vote_oui_2

Communication en ligne en période électorale

Il est dommage de constater que la communication politique en période électorale est toujours bridée en France, y compris sur Internet à en juger par la recommandation du forum des droits sur Internet qui étend la logique appliquée aux médias traditionnels (interdiction de la publicité par voie de presse ou d'affichage dans les 4 mois qui précèdent le premier tour de scrutin) aux médias en ligne. Il est pourtant important que le débat politique se propage aussi largement que possible sur Internet, y compris à travers les Google adwords.

La mesure des retombées des blogs

Peut-on tout mesurer ? En tout cas il est certain que les données d'opinion sont toujours moins objectives que des faits observables.
"Diriez-vous que les blogs et Internet ont influencé votre choix dans la dernière élection présidentielle ?" Voilà une question qui, peu ou prou libellée de la sorte, fera son apparition dans des enquêtes d'opinion cet été. Seulement, sommes-nous capables de dire si les blogs nous ont plus influencé que la radio, la presse, la télévision, les conversations de comptoir, et tous les autres moments de débat qui viennent contribuer au façonnage de nos opinions. Le débat de la mesure d'efficacité des blogs reste ouvert...

11 mars 2007

Blogs d'entreprise

Au cours d'une journée de formation animée par Jane McConnell et moi-même, dans le cadre de l'UJJEF, sur le thème "La blogosphère et l'entreprise", il a notamment été question des règles d'or que les entreprises peuvent suivre afin de mettre en place des blogs internes ou externes. Je vous recommande à ce sujet la lecture du dernier billet de Jane - et son blog en général pour toutes les questions liées aux Intranets.

Concernant l'analyse et la veille de la blogosphère, je constate pour ma part que les éléments de cartographie, tels ceux du RTGI, couplés à une étude détaillée des résultats, sont très utiles à la conception d'une stratégie de présence en ligne. La compréhension des territoires d'information et de débat permet en effet de choisir avec soin les univers dans lesquels l'on a intérêt à s'inscrire ainsi que les modalités de déploiement de sa présence.

PS: j'en profite pour remercie l'UJJEF, Jane et les participantes pour cette session très interactive, ou autrement dit 2.0

07 mars 2007

Un colloque à suivre

Clubsenat En tout cas un colloque que je vais suivre depuis les premières loges. Club Sénat, club de réflexion de la chambre haute, organise deux tables rondes sur le thème de l'e-démocratie le 14 mars après-midi au Sénat. Il sera question des nouvelles formes de militantisme et de participation citoyenne, d'une part, et des propositions des principaux candidats à la présidentielle en lien avec les technologies de l'information et de la communication - les fameuses TIC de la révolution du web 1.0, celle de la fin des années 1990.

27 décembre 2006

Ethique & Esthétique

Comme je l'indiquais dans ma précédente note - veille d'un mois déjà - je reviens ici sur le débat lancé par Pierre Zemor, conseiller d'Etat et président de l'association Communication publique sur le rôle et le périmètre de la communication politique en cette période pré-électorale - voir la réponse de celui-ci dans Le Figaro à une tribune publiée dans les mêmes colonnes par un collectif de publicitaires et consultants en communication auquel j'appartiens. Notre contradicteur s'élève ainsi contre une confusion entre politique et consommation, les idées politiques ne pouvant selon lui être promues, ou pis encore, vendues, selon les mêmes procédés et à travers les mêmes canaux de communication que des pots de yaourt.

Avant d'opposer d'autres arguments à Pierre Zemor, il convient de nous arrêter sur ce point pour constater notre convergence de vues. Une communication politique qui emprunterait aux codes de la communication commerciale serait à la fois fort peu respectueuse de ses destinataires et, partant, peu efficace. Comme l'a dit Dominique Wolton, le plus compliqué dans la communication n'est ni le message, ni la technique, mais le récepteur. Ce serait faire insulte à tout citoyen que de lui proposer "d'acheter" tel ou tel candidat en ne mettant en avant que les attributs que celui-là espère trouver dans celui-ci. Un mandat politique ne saurait être confié à celle ou celui qui aura su le mieux respirer l'air du temps pour en restituer de manière aussi synthétique que possible l'odeur à l'électeur. A cet égard, le satisfecit que Pierre Zemor adresse à Ségolène Royal à raison de sa volonté d'écouter les citoyens et de les associer aux décisions publiques pourrait tout autant être remplacé par une mise en garde contre toute tentation de marketing de la demande vêtu du manteau usurpé et troué d'une démocratie revigorée. Quand, au sujet de l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne, Ségolène Royal dit que son opinion est celle du peuple français, il n'est pas certain que la démocratie, représentative ou participative, sorte renforcée d'une telle approche.

Certes, en matière de débat public et d'avenir de la République, les citoyens attendent plus qu'ailleurs un fondement éthique aux propositions qui leur sont faites ainsi qu'un dialogue sincère sur les décisions, parfois difficiles, qui devront être prises. La mise en place d'instances de consultation ou de concertation, le renforcement des procédes de démocratie semi-directe - à l'instar des référendums locaux ou d'initiative populaire - ou l'essor, sur Internet, d'un forum public beaucoup plus ouvert que par le passé sont autant d'éléments que la communication politique doit intégrer. Elle le doit d'ailleurs d'autant plus qu'en politique, éthique et esthétique nous paraissent indissociables.

Au sein de la République romaine, fondée sur la participation effective et éclairée des citoyens à la vie publique, Cicéron suggérait ainsi que l'esthétique, la dramaturgie et le talent furent mis au service de l'éthique, de la raison et de la philosophie. Un défaut d'exposition et d'explication aux citoyens rendrait ainsi aride toute ambition politique. Cette dernière se doit d'être mise en tension vers l'ensemble des citoyens à l'aide de procédés qui font appel tant à leurs capacités cognitives qu'affectives. Les notions de nation ou de communauté de destins ne pourraient être réduites à de froides constructions rationnelles. L'émotion, les frissons que l'on ressent face à des élans de solidarité ou d'union nationale ne sauraient être uniquement affaire de mots, les symboles ayant toute leur place dans l'espace public. Il nous faut certes écarter les dérives démagogiques du débat politique. Ne renonçons pas pour autant à nous insinuer dans les coeurs, à condition qu'il s'agisse ainsi de mieux convaincre les esprits.

L'affichage politique, en tant que tel, est un outil limité au service du débat politique. Ces messages sont souvent simples, affirmatifs ou péremptoires. Couplé à l'ensemble des supports et canaux mis à la disposition des acteurs politiques, la simplicité de l'affichage devient une force d'interpellation du citoyen. Son universalité nous attrait dans le débat politique et nous expose à l'ensemble des valeurs, sinon des idées, qui y sont défendues. L'affiche répète avec détermination que gauche et droite n'est pas égal à blanc bonnet et bonnet blanc comme ne cessent de le répéter les extrêmistes de tout bord. L'affiche est la puissante parole des acteurs politiques considérés comme étant de moindre envergure par les médias audiovisuels de masse. L'affiche interpelle, l'affiche éclaire à nos yeux tous les possibles du débat politique : forums, blogs, réunions publiques, tribunes dans la presse, etc.

La Ville de Paris et Arlette Laguiller nous fournissent, dans leurs styles respectifs, deux illustrations de la puissance de l'affiche politique.

Laguiller_2006 Alors que les sondages et, non sans lien, les informations TV ou radio lui consacrent une place moindre qu'en 2002, Arlette Laguiller et Lutte Ouvrirère ont choisi de s'exposer en "4*3" tout au long du mois de décembre afin de rappeler leur propos, avec le temps devenu rengaine, et de confirmer leur territoire politique. Une tribune dans la presse, un message sur un site Internet ou une série de réunions publiques ne pourraient prétendre à la même faculté d'interpellation.

Soucieuse de faire participer le plus grand nombre aux prochaines élections, la Ville de Paris a mis en place une campagne d'affichage, couplé à un site Internet, rappelant l'importance de l'insciption sur les listes électorales. Il serait paradoxal que l'on autorise ainsi la cause politique à utiliser l'affichage commercial et qu'on dénie dans le même temps cette possibilité aux idées et valeurs qui nourrissent tout débat politique.

Par-delà l'affichage, comme l'ont très justement écrit les auteurs de Netpolitique sur le site Débat 2007, il convient désormais de se pencher sur les règles qui gouvernent la communication politique dans son ensemble à l'aune des nouvelles possibilités de débat et de mobilisation ouvertes sur Internet. Lançons donc, dès juin 2007, le chantier d'accompagnement d'un débat politique ouvert à un large éventail d'acteurs dans le cadre d'un espace public modernisé.

30 novembre 2006

Je ne veux pas bloguer...

Un titre qui fait écho à cette mélodie pleine de mélancolie et de douceur : "je ne veux pas travailler, je ne veux pas déjeuner, je veux seulement oublier, ..."

En fait je ne prends pas la plume - et ne me défais pas non plus d'une expression d'antan - pour parler de l'album Sympathique de Pink Martini. Je jette ces quelques mots sur la toile pour manifester mon intérêt préservé pour la blogosphère et ce blog en particulier. Cependant, le temps que mes autres activités me laissent à disposition étant réduit à sa portion la plus congrue, c'est la peine dans l'âme que je me réduis au silence sur Internet. J'espère bien pouvoir reprendre un rythme plus régulier en 2007...

Dans l'attente, j'en profite néanmoins pour signaler mon incursion dans le monde des médias traditionnels, ceux qui salissent les doigts quand on y plonge son regard. Une petite tribune, dont je suis le modeste co-rédacteur, sur la communication politique a en effet été publiée par Le Figaro au mois de novembre. Je joins une version à ce billet. Je dois d'ailleurs une réponse à Pierre Zemor, conseiller d'Etat, président de l'association Communication publique, qui a eu l'amabilité de lancer le débat en s'inscrivant en faux des propos que je continue bien évidemment de revendiquer.
Bonne lecture...
Téléchargement Figaro_Tribune_DC-151106.pdf

PS: une petite nouveauté dans la colonne de droite, le mini-tendançologue développé par le RTGI y a trouvé place. J'en profite pour remercier le RTGI pour leur capacité d'innovation!

05 octobre 2006

Des radars automatiques efficaces

4480056 Les Echos du jour ont traité, sous l'angle budgétaire, de l'efficacité limitée des radars automatiques installés entre les platanes qui jouxtent nos routes. Le graphique, ici reproduit (copyright Les Echos, j'espère que le groupe Pearson ne m'en tiendra pas rigueur), montre ainsi que seul un "flash" sur deux donne lieu à envoi d'un procès-verbal à l'automobiliste fautif. Aussi, pour cause de vandalisme, de mauvaise qualité de la photo ou de présence de plaques étrangères illisibles, les retours financiers offerts par ces radars sont-ils encore limités.

Néanmoins, si l'on devait changer le critère à l'aune duquel on apprécie l'efficacité des radars automatiques, on pourrait aisément, comme je l'ai fait en titre, affirmé que ces nouveaux moyens de contrôle routier sont pleinement efficaces. En effet, de 2002 à 2005, le nombre annuel de personnes victimes d'un accident mortel sur les routes françaises est passé de plus de 8000 à moins de 5000. Certes, les radars automatiques ne sont pas à eux seuls à l'origine de cette baisse; ils participent néanmoins fortement à une politique d'ensemble (campagnes de prévention, sanction sinon plus sévère du moins plus fréquente en cas de manquement aux règles, etc.)

Si on devait estimer qu'une seule vie a été épargnée grâce à ces radars, on pourrait alors dire sans hésitation qu'ils font oeuvre utile. Qui plus est, le solde financier lié aux radars automatiques reste très certainement positif dans la mesure où leur présence a sans doute contribué à réduire le nombre de personnes victimes d'accidents graves qui pèsent, par suite des séquelles et handicaps qui résultent des accidents, sur les comptes de la sécurité sociale, sur la santé économique des entreprises qui se retrouvent privées de certains de leurs salariés, sur la société dans son ensemble qui se retrouve privée de certaines de ses forces vives.

Sans tomber dans l'angélisme, je tenais à faire observer que l'efficacité est, comme souvent, une question toute relative... Un conseil (gratuit, personne ne le paierait de toute manière) au Gouvernement : recadrer le débat médiatique autour du nombre de vies épargnées afin de donner à voir une politique efficace.