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août 2007

25 août 2007

Et tout devient simple, et convaincant

Peu de mots cette fois. Je laisse la place à ces images du professeur Hans Rosling pour deux raisons : l'importance du sujet traité, la capacité du professeur à faire comprendre tout en nuances grâce à son sens scénique et aux technologies déployées. Je crois que Cicéron avait raison, on n'est excellent orateur que secondairement grâce à sa technique oratoire, mais qu'à condition d'épouser la cause que l'on défend.

20 août 2007

Une République lisible

France14 « Lorsque les citoyens sont forcés de s’occuper des affaires publiques, ils sont tirés nécessairement du milieu de leurs intérêts individuels et arrachés, de temps à autre, à la vue d’eux-mêmes ». Je ne saurais contredire Tocqueville dont l’œuvre a magnifiquement saisi les ressorts politiques et sociaux d’une démocratie vigoureuse. Je crois néanmoins utile de compléter son propos, de rajouter une branche à cette observation faite à l’occasion de l’analyse du système politique des Etats-Unis au 19ème siècle. Pour que les citoyens s’intéressent aux affaires publiques, encore faut-il que celles-ci leur donnent à voir une lumière pleine de clarté.

Le référendum du 29 mai 2005 et l’élection présidentielle de 2007 en attestent avec force : les citoyens sont prêts à s’intéresser aux affaires publiques ! Le printemps européen de 2005 aura été l’occasion de débattre pleinement du projet européen et de l’évolution du modèle social français dans cet espace. Nonobstant l’utilisation, par certains, d’arguments qui faisaient plus appel à l’instinct et à la peur qu’à la raison, l’évidence et l’omniprésence du sujet dans toutes les bouches, toutes les colonnes et toutes les ondes conduisent à saluer ce débat de fond sur l’Europe. Le printemps républicain de 2007, qui a attiré près 40 millions de Français dans les bureaux de vote, aura également démontré que la politique, lorsqu’elle renvoie à la confrontation des avenirs possibles, et non aux simples querelles partisanes, peut occuper une place centrale dans les esprits. En 2005 comme en 2007, c’est un débat clairement posé qui a permis aux citoyens d’y prendre part. C’est la lisibilité des arguments en présence qui a rendu les affaires publiques attrayantes aux yeux des citoyens.

Pour que les citoyens reviennent plus durablement aux affaires publiques, celles-ci doivent être soutenues par des fondations plus lisibles. La vie politique repose pleinement sur des principes fondamentaux auxquels nous devons nous intéresser, non par simple goût de la charpente institutionnelle, mais bien pour permettre aux citoyens de s’y repérer. A côté des normes séculaires, tels les droits de l’homme et du citoyen ou la loi de 1905 de séparation de l’Eglise et de l’Etat, la Ve République est un des piliers de notre système institutionnel. Sans remettre en cause toute la valeur du système issu de la Constitution du 4 octobre 1958, l’approche du cinquantenaire de cette honorable fondation nous impose une réflexion sur les travaux de rénovation et de ravalement que le temps a rendu nécessaires et que notre tissu civique réclame.

Les évolutions de la société, les efforts faits en matière de décentralisation, les avancées en matière de construction européenne ont conduit tant à une segmentation des responsabilités des élus qu’à un accroissement de leur nombre. Les Français ont eu l’impression, à tort, que leurs élus généraient une classe politique de plus en plus nombreuse et disposant d’avantages indus. Comment ne pas comprendre l’éloignement des citoyens et des élus avec pour conséquence la désaffectation des élections législatives ou locales par les premiers et donc la perte de crédibilité des seconds.

Pour résorber rapidement cette crise, il convient d’adopter quelques mesures symboliques montrant clairement à l’opinion qu’être élu ne peut avoir de sens qu’au service de ses concitoyens. Ces mesures doivent concerner 3 niveaux institutionnels : le Parlement, le Gouvernement et les collectivités territoriales.

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14 août 2007

Du prix de la démocratie

Cnccfp_logo Argent et politique, voilà deux notions dont la rencontre provoque à coup sur le débat, les envolées lyriques et démagogiques, la suspicion voire l'invective. Ce sont d'abord les "affaires" qui émergent dans le débat médiatique en ligne quand on s'intéresse au sujet. Les deux premiers résultats dans Google renvoient à des articles de presse (ici pour la condamnation d'Alain Juppé et pour les prémices de la loi de 1995 sur le financement de la vie politique) qui donnent une image fort peu reluisante de la rencontre de ces deux mots, antagonistes dans bien des esprits chagrins.

Pourtant, nous ne devons pas condamner cette association d'idées. Au contraire, nous devons pleinement assumer le coût de la démocratie. Si le plus mauvais des systèmes, à l'exception de tous les autres, doit survire et prospérer, il faut lui en donner les moyens. Les ennemis de la démocratie, qu'ils soient intégristes ou autoritaires, disposent de puissants moyens financiers et affectifs pour la combattre. Que de régimes dictatoriaux, baffouant sans hésitation les droits les plus élémentaires de ceux qu'ils tentent d'asservir, utilisent les richesses qu'ils tirent de leurs ressources naturelles pour irriguer leurs réseaux népotiques, et blâmer au passage les démocraties libérales pour leur décadence, pour les maux qu'elles créent au monde qui les entoure. Nous savons que la démocratie souffre, et s'honore aussi, de tolérer la villénie de ses détracteurs tout en se refusant à s'abaisser à leur niveau pour les combattre.

Puisqu'il est en la matière interdit de combattre le feu par le feu, tâchons de défendre les vertus financières de la démocratie. Commençons donc par tordre le cou aux critiques adressées à l'indécence des dépenses liées à la vie politique.

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13 août 2007

Conseil d'administration de la République...

Je rebondis sur la dernière note publiée par le co-animateur (et dernièrement animateur exclusif) de ce blog traitant de la proposition avancée par le Professeur Guy Carcassonne d'attribuer des jetons de présence aux députés.
L'idée est séduisante et si je souscris à l'essentiel de ce qui a été écrit dans le billet précédent, je tiens à rappeler que les jetons de présence stricto sensu servent à rémunérer les membres des conseils d'administration (ou conseils de surveillance) de sociétés commerciales. Or, contrairement aux députés, les membres de conseils d'administration ne perçoivent aucune autre rémunération. C'est que leur rôle est relativement plus limité que celui que l'on est en droit d'attendre d'un député au sein de l'assemblée nationale.
Partant, il peut paraître choquant que des députés perçoivent une rémunération supplémentaire pour être assidu à leur charge, ce pour quoi ils sont en principe déjà rémunérés. "Travailler plus pour gagner plus" est un credo populaire, je n'en disconviens pas, mais gagner plus sous prétexte de faire tout son travail et rien que son travail est pour le moins discutable.
Il serait donc souhaitable que les jetons de présence éventuellement attribués aux députés constituent en réalité une part variable de leur rémunération actuelle.
Briguer un mandat de député implique des lourdes responsabilités. La très légitime rétribution élevée accordée aux députés ne devrait pas supplanter l'esprit de responsabilité citoyenne que nous sommes en droit d'exiger des membres élus de nos chambres parlementaires.